Le succès du discours victimaire

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La tendance actuelle consiste à promouvoir, soit la victimisation d’une personne, soit celle d’un groupe social défini, dans le but de sensibiliser certaines tranches de la population à toutes ces injustices sociales dont elles ne seraient pas encore conscientes. Dans la version actualisée du discours marxiste de la gauche identitaire, les «dominés» et les «minorités» remplacent désormais le prolétariat actif, le tout encadré par une politique diversitaire et victimaire visant à formater la pensée, la communication et la culture selon des normes strictes de rectitude intersectionnelle. La position victimaire devient alors centrale, «car si l’on parvient à établir de façon convaincante que tel groupe a été victime d’injustice dans le passé, cela lui ouvre dans le présent une ligne de crédit inépuisable. Donc, plus grande a été l’offense dans le passé, plus grands seront les droits dans le présent. Au lieu d’avoir à lutter pour obtenir un privilège, on le reçoit d’office, par sa seule appartenance au groupe jadis défavorisé. D’où l’inévitable compétition pour obtenir, non comme entre pays, la clause de la nation la plus favorisée, mais celle du groupe le plus défavorisé.