Le corps de justes proportions

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Trois grands courants, à la Renaissance, construiront le corps socialement acceptable d’aujourd’hui. Tout d’abord, il y a l’idée qu’il est possible, avec le peintre Alberti, d’aspirer à un corps de justes proportions comme idéal de beauté, avec le médecin Vésale, de réparer le corps, de le soigner efficacement, de le guérir et lui redonner vitalité, avec l’éducateur Mercurialis, de fabriquer un corps et de le façonner en quelque sorte selon sa volonté. Ces trois courants ont ceci de particulier qu’ils traverseront non seulement toutes les époques depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui, mais qu’ils seront avant tout fédérés par deux événements particuliers au XVIIe siècle qui assureront une assise « idéologique » à une certaine représentation sociale du corps : le passage du statut d’être un corps à celui d’avoir un corps et les notions de contenance de soi et de gouvernance de soi issus de la Réforme protestante. Ces deux processus constitueront les assises du gouvernement du corps pour les siècles à venir en Occident.